Parfois, je remets les choses à plus tard en pensant avoir le temps. Mais les années passent, les silences s’installent, et un jour je me retrouve face à mon passé avec une seule question : puis-je encore réparer mes erreurs ?
Il y a des décisions que l’on prend en quelques secondes et qui nous suivent toute une vie. Sur le moment, on pense faire ce qu’on peut pour tenir debout, pour continuer à avancer. Mais avec le temps, on réalise qu’on n’a pas avancé, on a seulement contourné le problème. Pendant longtemps, j’ai cru que partir était plus simple que rester. Je ne savais pas encore que l’on peut fuir une situation, mais jamais sa propre conscience.
Le jour où j’ai laissé la peur décider à ma place
Je me souviens encore de cette période de ma vie où tout est devenu trop lourd, trop compliqué, trop douloureux. J’avais l’impression que le monde s’écroulait autour de moi et que je n’étais pas assez fort pour faire face. Alors j’ai fait ce que font beaucoup de gens quand ils ont peur : je suis parti vivre dans une autre ville.
Je me suis convaincu que c’était la meilleure chose à faire. Que je n’étais pas capable d’assumer, que d’autres feraient mieux que moi, que le temps finirait par arranger les choses. On est très doué pour se raconter des histoires quand on veut éviter la vérité.
La vérité, c’est que je n’ai pas été courageux. J’ai choisi la facilité du silence plutôt que la difficulté de la présence.
J’ai vécu des années en faisant semblant d’aller bien

Les années qui ont suivi se ressemblent toutes dans ma mémoire. Je travaillais beaucoup, je rentrais fatigué dans mon appartement, je regardais la télévision, je dormais, puis je recommençais. Vu de l’extérieur, j’avais une vie normale. Mais à l’intérieur, je savais qu’il manquait quelque chose d’essentiel.
J’évitais certaines dates, certains endroits, certaines conversations. Je ne voulais pas penser à la vie que je n’avais pas vécue, aux moments que j’avais manqués, aux souvenirs qui n’existeraient jamais.
Le plus étrange, c’est qu’on finit par s’habituer à vivre avec les regrets. Ils deviennent silencieux, mais ils ne disparaissent jamais vraiment.
Dix-sept ans plus tard, j’ai compris que je ne pouvais plus fuir

Et puis un jour, sans vraiment savoir pourquoi, quelque chose a changé. Pas un grand événement, pas une révélation spectaculaire. Juste une fatigue intérieure, celle de continuer à vivre avec le poids du passé.
Dix-sept ans plus tard, je me suis rendu compte que j’avais passé tout ce temps à éviter une seule chose : affronter mes erreurs. Je ne pouvais pas revenir en arrière, je ne pouvais pas rattraper le temps perdu, mais je pouvais encore faire quelque chose : dire la vérité et demander pardon.
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